jeudi 30 juin 2016

Après le Brexit, on fait quoi ?

 

Tribune publiée dans l'Echo du Centre le 30 juin 2016

 

Depuis le référendum de sortie de l'UE au Royaume-Uni, la petite musique médiatique qu'on entend n'est pas sans rappeler ce qu'on a vécu en 2005 au moment du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. On se souvient de ce que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission Européenne, disait au moment du référendum en Grèce l'an dernier : « il n'y a pas de choix démocratique contre les traités européens ». Peuples, votez bien ou alors taisez vous ! 

Mais voilà, les choses ne se passent pas exactement comme prévu. Depuis quelques années, les signes du refus populaire de cette construction européenne là se multiplient.

Alors même qu'on nous vante une « Europe de la paix », une « Europe qui protège », la défiance se développe. La mise en concurrence des travailleurs par la directive sur les travailleurs détachés, des agriculteurs sur les marchés non régulés, la libéralisation des services publics, tout cela est permis et même favorisé par le cadre des traités. L'austérité budgétaire dont les effets se font cruellement sentir sur nos territoires, est une conséquence de la règle d'or budgétaire validée par le traité européen de stabilité budgétaire. La loi travail elle même est un décalque des exigences de Bruxelles. Alors l'Union Européenne est elle un espace de protection et de paix ?

Nous voulons une Europe sociale, une Europe de la coopération entre les peuples, qui harmonise par le haut la protection sociale, qui développe les services publics dans le sens de l’intérêt général écologique et humain. Mais dire cela sans aborder la question de la stratégie à mettre en place pour y arriver, c'est se contenter d'écrire une lettre au Père Noël, car rien de tout cela n'est possible dans le cadre des traités actuels. Il est donc nécessaire de sortir des traités, à commencer par le traité de Lisbonne. Et si on prend cette nécessaire rupture avec sérieux, il convient d'en conclure immédiatement les actions concrètes qui en découlent.

 

C'est le sens de ce que propose Jean-Luc Mélenchon par l'articulation d'un plan A et d'un plan B en Europe. Le premier pas est de porter au cœur de l'Europe les exigences de notre programme, et de se servir pour cela de notre position de 2e puissance économique du continent. Il faut engager le rapport de force sur les axes forts de notre programme. C'est notre plan A. Il vise à ne pas laisser les clés de l'Europe à Mme Merkel, et à construire les nouvelles solidarités dont nous avons besoin à l'échelle européenne pour changer le cours désastreux imposé aux affaires par les technocrates libéraux qui la dirigent. Mais cela suffit il ? La leçon de la période passée et surtout de l'échec de Tsipras à desserrer le nœud coulant de la Troika nous a montré qu'il ne suffit pas d'avoir un bon mandat de négociation. Il faut encore avoir la force nécessaire pour l'imposer. Or ce qui a manqué à Tsipras, c'est justement d'avoir mésestimé la dureté et l’aveuglement idéologique du tandem Merkel-Schauble, et du suivisme de Hollande. Ce que cela nous apprend c'est qu'il faut préparer toutes les éventualités et oser affirmer que plutôt que de renoncer à notre programme et à la souveraineté du peuple nous romprons unilatéralement avec les traités européens. C'est notre plan B.  Dans un cas comme dans l'autre cela implique de revenir à la souveraineté du peuple. En 2017, nous devons construire ce rapport de force là. Et pour cela, parce que l'objectif n'est pas que d'avoir dans ces élections une posture de témoignage, la candidature de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise est le meilleur outil.  

 

 

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soutieneco.jpg, juin 2016

 

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