mercredi 25 mai 2016

Pendant ce temps là, en Grèce...

Pendant qu'en France le mouvement s'amplifie pour obtenir le retrait de la loi El Khomri, à Bruxelles les membres de l'Eurogroupe se tapent sur les épaules : un accord a été trouvé avec la Grèce pour débloquer de nouveaux fonds et même "alléger" la dette ! Pas moins ! Les fanatiques de la correction budgétaires auraient ils compris? Ont ils pris connaissance des travaux de la commission pour la vérité sur la dette grecque, mise en place par Zoé Konstantopoulou

 En effet, l'Eurogroupe avait ouvert la voie à cette renégociation le 6 mai. Mais pas dans n'importe quel contexte, et surtout pas sans rien en échange. En effet  le gouvernement Tsipras continue à appliquer les réformes exigées par la Troika : il a fait voter le 9 mai une nouvelle réforme des retraites qui va encore en réduire le montant, ainsi qu'une augmentation des impôts de la classe moyenne, après 48h de grève générale dans le pays.

Plus encore,  au delà de la communication du gouvernement grec sur cette question, force est de constater que la même logique est toujours à l'oeuvre. En effet, ce n'est pas le montant de la dette qui est renégocié, mais son échelonnement...de plus est maintenue l'exigence de dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5%, ce qui continue d'étrangler l'économie grecque. Or l'accord prévoit justement des mesures d'ajustement des dépenses si cet objectif n'est pas rempli...

Pour récompense, la Grèce pourra peut être prétendre à un reprofilage de sa dette (donc un simple rééchelonnement)...quand le programme d'ajustement structurel sera terminé, en 2018. De plus un tel rééchelonnement ne peut avoir une chance d’alléger le cout total de la dette seulement si les taux d’intérêts rééchelonnés pèsent moins grâce à l'inflation. Mais dans la perspective économique dans laquelle les plans successifs d'austérité maintiennent la Grèce, c'est plutôt une logique de déflation qui est à l'oeuvre. Le poids de la dette va donc rester élevé.

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IMGP0472.jpg, janv. 2016

Aucun assouplissement, aucune inflexion donc de la part des fanatiques du marché et de la rigueur budgétaire allemande. L'ordolibéralisme européen continue à imposer sa politique délètère partout en Europe. En France loi El Khomri, en Grèce mémorandums. 

 

 

 

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