dimanche 17 janvier 2016

Goodyear : mais où donc est la violence?

 

 

Pour la première fois depuis 50 ans, des syndicalistes ont été condamnés à une peine de prison ferme pour avoir retenu des dirigeants de leur entreprise dans le cadre d’une lutte de 7 ans pour garder leur emploi.

On a entendu dénoncer la violence de l’action menée par les syndicalistes mais beaucoup moins la vraie violence subie par des salariés dont la vie a été brisée par des patrons voyous. L’indignation à géométrie variable du petit milieu médiatique consanguin n’est pas une nouveauté. On se souvient de la façon dont Xavier Matthieu avait été traité quand les Conti avaient occupé et endommagé du matériel à la préfecture d’Amiens, ou quand des salariés d’Air France avaient déchiré la chemise de leur DRH.

Le déséquilibre de la compassion médiatique dit beaucoup sur notre société. Il montre de façon saisissante comment les conditions de vie et de travail des salariés, leurs craintes et leurs espoirs aussi sont systématiquement occultés au profit d’une surévaluation de leur prétendue violence. Le moindre acte de résistance est ainsi représenté comme l’expression d’une violence destructrice. Elle gêne, elle perturbe l’idée dominante  d’une société du « dialogue". On préférerait que tout se traite par la négociation, dont les éditorialistes vedettes déplorent sans cesse l’absence, en France ce pays prétendument rongé par les conflits. Et cette volonté de mettre le dialogue social au coeur du débat est une arme qui cache les processus de domination à l’oeuvre dans le monde du travail. 

Et le rapport de force, constant, brutal dans le monde du travail, est subi par ces salariés, pressurés, sous payés, licenciés parfois, et humiliés trop souvent par des technocrates courroies de relais du système. 

On comprend donc pourquoi la question des libertés syndicales est si importante : ce qui est en jeu, c’est tout simplement la possibilité de pouvoir un tant soit peu résister à l’écrasant rouleau compresseur capitaliste. 

Quoi de plus terrible que de voir un gouvernement prétendument socialiste donner son aval à une telle attaque contre ces droits et libertés syndicales?

Mais dans un contexte social morose, où le mouvement social peine à exister et les mobilisations se construire, le succès de la pétition des Goodyear est une bonne nouvelle. En moins d’une semaine, 100 000 signatures ont été recueillies, marquant une indignation qu’il faut prolonger, et amplifier.

Continuons à relayer la pétition, et soyons prêts à soutenir les mobilisations pour les libertés syndicales et les 8 de Goodyear !

La pétition des Goodyear est à signer ici 

Le soutien du CN du Parti de Gauche aux 8 syndicalistes condamnés : 

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CY6bY0hWEAAgDoZ.jpg_large.jpg, janv. 2016

 

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