mardi 20 septembre 2016

Merci Vidalies? Définitivement non

J'ai publié hier une petite vidéo sur les réseaux sociaux pour réagir aux diverses annonces d'Alain Vidalies dans la période récente et les conséquences concrètes de sa politique sur mon territoire.

Deux minutes c'est assez pour attirer l'attention, mais peu pour expliquer. Alors allons y.

Intercités, cars Macron et clopinettes

Il y a peu, Guéret était un arrêt sur la ligne Bordeaux-Lyon. Une belle ligne en vérité. Une de celles qui structurent un territoire. Nous, habitants de la Creuse on sait ce qu'on doit à ces épines dorsales qui ont fait de notre pays ce qu'il est. Une radiale, le POLT, et une transversale, le Bordeaux-Lyon. Cela nous relie, mais cela donne sens, ça structure une représentation du territoire. BdxLyon.jpg Bref, ça construit de l'égalité, du lien. C'est de l'investissement public, mais en même temps ça construit le tissu social. En décembre 2012, le service a été arrêté. Il fallait faire des travaux sur la ligne. Qu'on ait besoin d'arrêter totalement un service pour faire les travaux de rénovation nécessaire est déjà en soi une régression. Pour autant, il nous a toujours été annoncé que la ligne rouvrirait. En 2015, le directeur Intercités de la SNCF faisait des annonces fermes en ce sens aux élus locaux. Mais entre temps la loi Macron est arrivée et a permis à des autocaristes de se créer un marché sur mesure. On a vu fleurir des lignes partout, avec des cars de toutes les couleurs. Un bilan extraordinaire, créations d'emplois chiffres d'affaires, tarifs accessibles, on avait vraiment trouvé la solution à tous nos problèmes de mobilité. Las, la réalité est autre. Les opérateurs se sont rués sur le marché et on cherché à se faire une place dans un cadre concurrentiel à coup d'offres alléchantes. Cela ne pouvait durer. On commence à voir le marché se "stabiliser" comme on dit dans la novlangue des commerciaux. On voit des autocaristes mettre clé sous la porte avec des supressions de poste à la clé. Les tarifs augmentent et surtout des dessertes sont supprimées comme à Guéret, et Montluçon pour la même ligne. On aura donc perdu sur toute la ligne. L'affaire est d'autant plus ironique (si on a envie de rire) que la réforme territoriale décidée dans les cabinets ministériels a supprimé la région Limousin pour l'annexer à l'Aquitaine, faisant de Bordeaux la nouvelle capitale régionale de la Creuse, à 300 km de là. Les creusois ne bénéficient donc d'aucune ligne directe pour se rendre à leur capitale régionale. L'éloignement des lieux de décision dans des structures technocratiques centralisées est une réalité géographique autant que politique chez nous.

Vers l'ouverture à la concurrence des TER

Mais ce n'est pas fini. Parce qu'en matière de ferroviaire, nous ne sommes pas au bout de nos peines. La politique de l’Union Européenne sur le ferroviaire suit une voie à sens unique. Par ses « paquets ferroviaires » successifs, elle vise à ouvrir à la concurrence tout le secteur afin d’en casser les monopoles publics. On sait avec quelle efficacité quand on voit le résultat pour le fret ferroviaire. Depuis l’ouverture à la concurrence, la part du ferroviaire dans le total des marchandises transportées ne fait que baisser. Si on voulait vraiment prendre au sérieux l’impératif de baisse des émissions de gaz à effet de serre, on ne s’y prendrait pas plus mal. Mais l’UE n’est pas dans l’esprit de ses promoteurs un espace de vie, mais d’abord un marché, et tout vise à en assurer le bon fonctionnement. Ce qui importe c’est la circulation. Peu importe quoi, comment et pourquoi pourvu que ça fasse de la croissance. Les politiques de l’UE sont rivées sur la croissance du PIB, peu importe dans quelles poches elle se déverse. Il est donc automatique que les réseaux de transport soient le premier instrument de cette idéologie. Alors on ouvre, on dérégule, avec le baratin qui convient. L’efficacité ! La compétitivité ! Bref la modernité. Le 4e paquet ferroviaire a été voté (avec l'opposition de Jean-Luc Mélenchon et les députés de la GUE) . C’est donc toutes les lignes de transport qui vont être ouvertes à la concurrence. Source de profit potentiel. Mais comment croire que cela puisse résulter en autre chose qu’une situation où les lignes rentables seront concédées au privé et les lignes non rentables seront assumées par les collectivités si elles en ont la volonté et les moyens ? Dans une période de rigueur budgétaire, chacun peut imaginer ce qu’il en adviendra des dessertes en milieu rural… C’est donc pour 2020. Tout y passera. Y compris les TER dans nos régions. Au lieu d’y resister, de défendre le modèle ferroviaire français déjà abimé par les politiques erratiques de la SNCF ces dernières années, le gouvernement cours derrière. Alain Vidalies s’est déclaré favorable à l’expérimentation de l’ouverture à la concurrence des TER avant 2019. Il fait donc sienne l’obsession libérale des technocrates de Bruxelles. Pas une once de résistance n’est à attendre de ces gens là. Ils devancent le coup de sifflet avec une célérité qui fait peine à voir.

Le plan autoroute : vive les profits !

Mais ça n’est pas fini. Car quand on commence à renoncer, c’est difficile de s’arrêter. Comment s'attaquer au pouvoir économique quand on a montré à quel point on est à leurs petits soins par toutes les manières possibles? Les autoroutes, c’est un bon gros gâteau juteux. Ce serait dommage d’en priver ceux qui savent faire. Savent faire quoi? Faire fructifier le capital pardi. Ceux qui transforment du travail humain en profit sonnant et trébuchant. Nos autoroutes, infrastructures payés par le contribuables sont donc gérées par Eiffage, Vinci et Albertis depuis 2006. Cette privatisation est un scandale et c’est encore un élément dans la longue liste des choses que la droite a faites et que la gauche n’a non seulement pas cherché à remettre en cause mais a même aggravé. Car c’est bien le gouvernement de M. Hollande qui a prolongé les concessions autoroutières sous l’égide de M. Macron. Plus encore, celui ci n’a eu de cesse de cacher le contenu des nouveaux contrats. Il a ainsi fait la sourde oreille pendant un an aux demandes de consultation des contrats par le militant écologiste Raymond Avrillier. Il a fallu que celui ci saisisse la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) puis le Tribunal Administratif. Celui ci a ordonné au mois de juillet la transmission des documents. J’attends avec impatience de découvrir ce qu’il y a dedans, pour que le ministre Macron veuille tant le cacher. La dernière touche que le ministre Vidalies rajoute au tableau c’est d’annoncer un plan de modernisation des infrastructures autoroutières de 1 milliards d’euros. Ce plan c’est nous qui allons le financer. Par une augmentation des péages qui se rajoute à l’augmentation inscrite dans le contrat, mais aussi par les impôts, car les collectivités devront mettre la main à la poche. Ce gouvernement qui n’a donc plus de socialiste que le nom préfère préserver la rente des multinationales qui tirent profit des infrastructures qui devraient être publiques. La boucle est bouclée. Ce qui devrait être défini par l'intérêt général l'est par les les intérêts particuliers les plus rapaces. Il est grand temps de les sanctionner. Il est grand temps de se donner les moyens de faire autre chose.

Pour appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon, agir et participer, c'est ici

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